Enseignement du Saint Curé d'Ars sur la Confession - 1e partie.
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Le Saint Curé d'Ars
nous enseigne (1)


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Celui qui cache ses péchés se perdra ;
mais celui qui les confesse et qui les récuse
obtiendra miséricorde (PROV. XXVIII, 13.)
 

En ces temps troubles que nous traversons, alors que l'enseignement du Christ est édulcoré, voire même falsifié, il est important de revenir à la vraie source, celle de l'évangile authentique que seul un véritable apôtre du Christ peut et doit prêcher.
 
Le saint Curé d'Ars est un de ces géants de la sainteté qui ne mâche pas ses mots et qui a le don de nous réveiller de notre torpeur.
 
Aujourd'hui, il nous amène sur le chemin du sacrement du pardon, sacrement qui, malheureusement, a été mis au rancart dans trop de paroisses.
 
Quelques passages de ce sermon nous paraîtront peut-être désuets; il faut comprendre que certaines obligations de cette époque sont quelque peu différentes de celles d'aujourd'hui. A chacun de nous de faire un discernement.
 
Après avoir prié le Saint-Esprit, lisons et méditons ces enseignements. Nous en retirerons un bienfait spirituel inestimable. (NDLR)
 


 

Nous avons vu, mes frères, qu'il fallait nécessairement et absolument confesser tous ses péchés mortels avec leur espèce, leur nombre et enfin leurs circonstances, si nous voulons en obtenir le pardon. Le Saint-Esprit nous dit lui-même que celui qui cache quelques péchés, par honte ou par négligence, se perdra, c'est-à-dire sera damné. Cacher ses péchés par honte ou par crainte et avec réflexion, c'est un crime qui fait frémir.

Nous cachons nos péchés par négligence, lorsque nous ne donnons pas tous les soins et le temps qu'il faut pour nous examiner, afin de connaître nos péchés tels qu'ils sont aux yeux de Dieu et que nous les connaîtrons au jour du jugement. La confession serait mauvaise, si l'on faisait une confession générale, pour accuser les péchés que l'on a commis depuis sa dernière confession, en les mettant tous ensemble, afin d'avoir moins de honte.

Un des effets les plus funestes du péché, c'est d'aveugler celui qui le commet d'une manière si affreuse qu'il ne se connaît nullement, et, bien plus, qu'il ne cherche pas même à se connaître; ou d'une manière si légère qu'il ne voit point l'état de son âme. C'est d'abord l'état d'un chrétien qui profane les sacrements. On sera accoutumé à une certaine routine d'examen, on se contente de se rappeler quelques fautes qui sont les plus ordinaires, comme sont les blasphèmes, et les colères, mais sans se donner la peine de descendre dans son cœur pour en connaître le nombre et la malice. C'est, en second lieu, l'état d'un chrétien qui multiplie ses sacrilèges. Celui-ci examine, non ce qu'il a fait, mais ce qu'il va dire, c'est-à-dire la manière dont il va s'accuser pour éprouver moins de honte; comme si, en trompant un confesseur, il pouvait tromper Dieu, qui a pesé et compté tous ses péchés. C'est, en troisième lieu, l'état d'un pécheur qui profane les sacrements. Celui-ci se présentera sans s'être seulement examiné, pensant que le confesseur l'interrogera pour lui faire connaître ses péchés: autre profanation. Quand même un prêtre vous ferait assez connaître vos péchés de manière à n'en point laisser, quand est-ce que vous allez demander à Dieu la contrition? C'est après votre confession, après avoir reçu l'absolution? Confession sacrilège! Ô mon Dieu! peut-on bien y penser et vivre tranquille ?

Quel est mon dessein ? mes frères, le voici : c'est

1 de vous montrer que, pour faire une bonne confession, nous devons nous examiner sérieusement et de bonne foi;

2 de vous apprendre la manière de vous confesser;

3 de vous faire connaître ceux qui font de mauvaises confessions;

4 de vous faire voir les moyens que vous devez prendre pour réparer celles qui ont été mal faites.

1 Ne désirant rien autre que le salut de vos âmes et votre bonheur éternel, je vais donc, avec la grâce de Dieu, vous démêler, autant qu'il me sera possible, l'état d'aveuglement où le péché nous a réduits, qui nous empêche de pouvoir nous connaître tels que nous sommes aux yeux de Dieu, et que nous nous connaîtrons au grand jour des vengeances.

Commençons, mes frères, avec notre simplicité ordinaire. Je vous demande qui sait ce que c'est qu'un examen ? Je vous dirai que c'est la recherche, avec tous les soins possibles, des péchés que nous avons commis depuis le baptême ou depuis notre dernière confession; et cette connaissance de nous-mêmes est plus difficile que vous ne pensez. C'est, pour celui qui veut bien la faire, une affaire qui lui demande du temps et tous ses soins.

Si vous me demandez ce qu'il faut faire pour s'examiner comme il faut, c'est-à-dire pour faire une confession qui nous mérite notre pardon, il faut retirer son cœur et son esprit de toute affaire temporelle, je veux dire ne penser ni à son commerce, ni à son ménage, descendre, avec une espèce d'horreur et d'indignation, dans son cœur, avec un flambeau d'une main et une balance de l'autre, pour examiner rigoureusement le nombre, toutes les circonstances et peser toute la malice de nos péchés. Mais n'étant que ténèbres, de nous-mêmes, nous sommes donc incapables de pouvoir pénétrer à fond cet abîme de corruption qui n'est bien connu que de Dieu seul. C'est donc à lui à qui nous devons nous adresser avec une humilité profonde, à la vue de nos péchés, et une grande confiance à sa bonté qui est infinie; implorer les lumières du Saint-Esprit par une prière fervente et animée d'une foi plus vive qui touche le cœur de Dieu et attire sur nous ses miséricordes. étant rentrés en nous-mêmes, mes frères, disons-lui du fond de notre cœur: «Mon Dieu, ayez pitié d'un misérable pécheur tout couvert d'iniquités, qui n'en connaît ni le nombre ni la malice. Je m'adresse à vous qui êtes la lumière du monde; mon Dieu, faites descendre dans mon cœur un rayon de votre lumière; montrez-moi, je vous prie, mes péchés, afin que je puisse les détester et mériter mon pardon.» Oui, mes frères, le péché jette dans notre esprit des ténèbres affreuses qui bouchent les yeux de notre âme.

Voyez, mes frères, ce qui arriva à David qui, avant que le péché tombât sur son âme, apercevait avec tant de connaissance les moindres fautes qu'il faisait. Mais ayant le malheur d'être tombé dans son premier péché, les yeux de son âme perdirent leur lumière. Non content de déshonorer la femme d'Urie, il le fait encore mourir, et reste un an dans cet état malheureux, sans se reprocher ni son adultère, ni son homicide. Il ne s'en aperçoit même pas, il faut que Dieu lui envoie son prophète Nathan pour lui ouvrir les yeux, et ce ne fut que dans ce moment qu'il se reconnut coupable.

Voilà une image terrible d'un pécheur qui croupit dans quelques péchés d'habitude ; il faut que Dieu le prévienne et aille le chercher, pour ainsi dire, dans ses désordres ; sans quoi, jamais nous n'en sortirions. Ce qui nous montre, mes frères, qu'il est impossible de connaître nos péchés et de faire une bonne confession si nous n'implorons pas de tout notre cœur les lumières du Saint-Esprit, afin de bien nous faire connaître le mal que nous avons fait et de nous donner la douleur nécessaire pour les détester. Voulez-vous savoir à quoi le pécheur ressemble? À une personne extrêmement contrefaite et laide et qui se croit bien faite et bien belle, parce qu'elle ne s'est jamais bien regardée dans un miroir; mais qui, dès qu'elle se considère, se trouve si laide, si affreuse, qu'elle ne peut se regarder, ni même y penser sans horreur. La même chose arrive au pécheur qui est resté quelque temps dans le péché, sans faire aucun retour sur lui-même. Mais rentrant en lui-même, il ne peut pas concevoir comment il a pu rester dans un état si déplorable. Qu'est-ce qui fait tant verser de larmes à certains pécheurs ? Rien autre, sinon qu'ils sont rentrés en eux-mêmes et qu'ils ont vu ce qu'ils n'avaient pas vu jusqu'à présent. Pourquoi est-ce que tant d'autres encore plus coupables sont tranquilles, ne versent point de larmes ? Hélas ! M.F., c'est qu'ils ont fermé les yeux sur l'état de malheur où est réduite leur pauvre âme.

En second lieu, je dis que nous avons bien besoin des lumières du Saint-Esprit pour connaître nos péchés, parce que notre cœur est le siège de l'orgueil, qui ne cherche que les moyens de nous les faire connaître moindres qu'ils ne sont. Vous voyez que nous avons absolument besoin des secours du Saint-Esprit pour connaître nos péchés tels qu'ils sont.

2 Je dis que le pécheur, étant encore l'esclave du péché, a besoin d'une grâce forte pour le détacher entièrement du péché et des objets qui l'ont porté au péché. Combien ne trouvons-nous pas encore de certains pécheurs qui semblent être convertis et qui ressentent encore une certaine satisfaction en pensant aux désordres auxquels ils se sont livrés il y a quelque temps! Nous avons donc bien besoin de la grâce de Dieu, qui nous inspire une horreur profonde de nos péchés passés.

Dites-moi, mes frères, dans vos confessions et avant vos confessions, avez-vous eu soin de demander à Dieu ses grâces et ses lumières pour ne pas profaner ce sacrement de miséricorde? Oui, nous oublions peut-être que sans Dieu nous ne pouvons rien que faire mal. Avez-vous fait comme l'aveugle de Jéricho, qui reconnut son aveuglement et qui le déplora amèrement? Avez-vous fait comme lui, qui s'adressa à Dieu avec tant de sincérité, animé d'une foi si vive, qu'il mérita de recouvrer la vue ? «Ô Jésus ! fils de David, ayez pitié de moi !» Et cela plusieurs fois de suite : «Ô Jésus ! fils de David, ayez pitié de moi.» Jésus, touché, toujours prêt à nous écouter et à nous accorder l'effet de nos demandes, se tourne contre lui en lui disant : «Que voulez-vous de moi ?» «Mon Dieu, lui répond l'aveugle, faites que je voie.» «Eh bien, lui dit ce bon Jésus, voyez!» Hélas! mes frères, si lorsque nous sommes dans le péché nous sommes dans les ténèbres, nous pouvons nous adresser à Dieu comme l'aveugle : «Mon Dieu, devons-nous lui dire, faites que je voie le nombre et la malice de mes péchés.» Disons encore comme le saint roi David: «Mon Dieu, vous êtes ma lumière, éclairez mes ténèbres. Et avec le saint homme Job: «Seigneur, montrez-moi mes péchés et toutes mes fautes. Dieu qui désire mille fois mieux notre salut que nous le désirons nous-mêmes, ne manquera pas certainement de nous accorder la grâce que nous demandons.

Aussi, mes frères, étant seuls et en la présence de Dieu, il faut commencer notre examen de con science et rechercher tous nos péchés ; prenez les commandements de Dieu et ceux de l'Église et les péchés capitaux, et voyez comment et en combien de manières vous avez péché contre ces commandements. Examinez les devoirs de votre état, comparez votre vie avec vos devoirs ; remarquez avec soin, sans vous presser, en quoi vous vous en êtes écartés par pensées, par désirs, par actions et omissions. Pour vous faciliter cette recherche, examinez quelles sont vos occupations les plus ordinaires, les lieux où vous allez, les personnes que vous voyez.

Je n'entrerai pas dans tous ces détails, cela ne finirait plus; c'est à chacun de vous à vous examiner là-dessus, et à voir en quoi vous êtes coupable. D'abord, examinez-vous sur vos confessions passées et voyez si vous avez assez accusé tous vos péchés mortels, avec une véritable douleur d'avoir offensé Dieu et un ferme propos de vous corriger et de quitter non seulement le péché, mais encore l'occasion prochaine du péché; comme, par exemple, si vous demeuriez dans une maison où il y avait quelques personnes qui vous sollicitaient au mal; que vous eussiez manqué de le dire par crainte que l'on vous en fît sortir : votre confession ne vaudrait rien. Voyez si vous avez bien fait votre pénitence dans le temps qu'on vous l'avait ordonné; si vous avez fait toute réparation et les restitutions que vous pouviez et deviez faire, qui vous étaient commandées par votre confesseur.

3 Examinez-vous sur les devoirs de votre état, comment vous les avez remplis, c'est à quoi beaucoup de personnes ne font pas attention, et ce qui en jettera un grand nombre en enfer.

Mais, me direz-vous, comment faut-il donc s'examiner sur les devoirs de son état?

Et comment ? Cela n'est pas bien difficile. Vous savez bien à quoi vous vous occupez, qui sont ceux qui sont sous votre conduite, dont Dieu vous demandera compte un jour.

Êtes-vous père ou mère de famille? Hé bien! examinez-vous, comment vous vous êtes conduits envers vos enfants. Les avez-vous instruits de tous leurs devoirs de religion? Avez-vous eu soin de leur apprendre leurs prières dès qu'ils ont commencé à parler? Leur avez-vous inspiré le respect qu'ils devaient avoir en la sainte présence de Dieu? Ne leur avez-vous pas fait prier le bon Dieu sans prendre de l'eau bénite, sans leur dire pourquoi l'on prenait de l'eau bénite et les grâces qu'elle nous procurait? Leur avez-vous appris les principaux mystères de la religion, nécessaires pour être sauvés? Ne les avez-vous pas laissés dans une ignorance crasse, ne prenant pas tant à cœur le salut de leur âme que la conservation de vos bêtes ? Les avez-vous fait travailler, avant de les faire prier le bon Dieu? Avez-vous négligé de les corriger les voyant offenser le Bon Dieu? En avez-vous ri au lieu de les châtier chrétiennement? Leur avez-vous donné le mauvais exemple en vous mettant en colère, en vous disputant avec votre mari, vos voisins ou voisines? N'avez-vous pas médit ou calomnié en leur présence? Leur avez-vous appris à ne jamais mépriser les pauvres, en leur faisant donner l'aumône aux pauvres? Avez-vous fait tout ce que vous avez pu pour les rendre agréables à Dieu et assurer leur salut? Avez-vous manqué un jour de prier le bon Dieu pour eux? Avez-vous manqué de les mettre sous la protection de la Sainte Vierge quand ils sont venus au monde?

Si vous avez des domestiques, avez-vous eu bien soin de les instruire ou de les faire instruire? Les avez-vous fait assister aux catéchismes ? N'avez-vous rien négligé pour leur apprendre les moyens nécessaires pour se sauver? Ne les avez-vous pas laissés dans l'ignorance crasse qui, de la mort, les traînera en enfer? Avez-vous préféré le soin de vos bêtes au soin de leurs pauvres âmes qui ont tant coûté à Jésus-Christ, et que vous laissez perdre si misérablement en leur faisant manquer les offices et les instructions? Avez-vous bien veillé sur leur conduite ? Leur avez-vous bien payé tous leurs gages? En avez-vous eu soin dans leurs maladies?

Et vous, ouvriers, en vous faisant bien payer, avez-vous eu soin de bien faire l'ouvrage tel que vous l'aviez promis? Et vous, domestiques, examinez en quoi vous avez manqué envers vos maîtres: défaut de respect, murmure en obéissant, temps perdu: ne leur auriez-vous pas désobéi lorsqu'ils vous envoyaient aux offices ou aux catéchismes? Ne les avez-vous pas décriés auprès des autres domestiques, pour leur donner mauvaise réputation? Que chacun, mes frères, sonde sa conscience, afin de pouvoir se rendre compte à soi-même, afin de pouvoir se connaître, dans le tribunal de la pénitence, aussi coupable que l'on est.

Je dis qu'il faut encore s'examiner sur les péchés d'omission, et presque personne n'y pense. Par exemple: pouvant faire l'aumône, avez-vous négligé de la faire? Pouvant assister à la messe les jours ouvrables, y avez-vous manqué? Pouvant rendre quelques services à votre prochain, l'avez-vous refusé? Avez-vous donné de bons exemples à vos enfants, à vos domestiques? Vous ont-ils vu manquer la Messe, les Vêpres, vos prières le matin et le soir? Êtes-vous fidèles à fuir les occasions de péché, telles que la danse, le cabaret et les jeux? Avez-vous travaillé à vous rendre agréables à Dieu?

4 Je dis qu'il faut encore vous examiner sur vos péchés d'habitude. Sur chaque péché que l'on découvre, il faut encore examiner les circonstances nécessaires pour les bien faire connaître, et le nombre de fois que l'on y est tombé; déclarer qui nous a donné l'occasion et quelles ont été les suites. Comme par exemple: si l'on vous avait confié un secret, il ne suffirait pas de dire que vous avez violé le secret, mais il faudrait encore dire quel mal cela a fait, sur quelle personne le mal est tombé. Si vous avez maudit, il faut dire si c'est par haine ou par ressentiment, ou simplement par légèreté, si c'est en présence de plusieurs personnes, si cela a été applaudi par plusieurs, si votre mauvais exemple les a portés à maudire, combien de personnes et combien de fois. Si c'est un péché d'habitude, il faut dire combien a duré cette habitude, dans quel temps et dans quel lieu on l'a commis, ce qui est encore nécessaire pour en fixer la malice.

Vous conviendrez avec moi, mes frères, que pour un tel examen il faut du temps, de l'application et de l'instruction. Pour savoir combien il faut de temps, il est bien difficile de le savoir: il n'est pas douteux que ceux qui ne se confessent que rarement, il leur faut plus de temps qu'à ceux qui se confessent souvent. Mais quelle application ou quels soins faut-il donner? Ce que vous donneriez pour faire une affaire que vous auriez à cœur de faire réussir, et que vous regarderiez comme un grand malheur si elle manquait.

Il n'est pas nécessaire, mes frères, de vous parler longtemps du bonheur d'une bonne confession, ni du malheur d'une mauvaise. Vous savez qu'une bonne confession nous rend le ciel et l'amitié de notre Dieu, et qu'une mauvaise nous chasse du Paradis et nous précipite au plus profond des enfers. Cette seule pensée doit nous faire comprendre le temps et le soin que nous devons y apporter pour la faire saintement.

Hélas! mes frères, combien de pécheurs qui s'aveuglent quand ils n'ont pas ces gros péchés que souvent même des païens honnêtes ne commettraient pas! Ils n'ont rien à dire. Cependant on les verra, pendant les saints offices, sans respect, sans dévotion, vivant dans une négligence habituelle de leur salut: et ils n'ont rien ! Hélas! c'est qu'ils ne veulent pas se donner la peine de descendre dans leur cœur, où ils trouveraient de quoi les faire mourir d'horreur. Hélas! combien de mensonges pernicieux, combien d'injustices, combien d'usures dans leurs prêts! Combien de torts et, par conséquent, de restitutions à faire. Il en est de même pour ceux qui mènent une vie lâche et sensuelle; qui croient que c'est assez d'une messe ; encore Dieu seul sait comment ils l'entendent! Point de difficulté de manquer les vêpres, les catéchismes et les autres exercices de piété! Hélas! ils ne veulent pas chercher leurs fautes, parce qu'ils ne veulent pas changer de vie continuant à vivre dans une ignorance crasse et des plus criminelles.

Mais, sans aller plus loin, une partie des chrétiens ne voient pas leurs péchés, parce qu'ils ne veillent pas assez sur eux-mêmes; ils ne veulent pas prendre la peine de se faire instruire de leurs devoirs et de leur religion. Que s'ensuit-il de là, mes frères, sinon une chaîne de confessions sacrilèges? Ô mon Dieu, que de chrétiens damnés à cause de leur ignorance! qui, en sortant du tribunal de la pénitence, sortent plus coupables qu'ils ne sont entrés.

Et que devez-vous faire pour éviter un si grand malheur? Mes frères, le voici: ayez un grand soin de vous bien faire instruire de vos devoirs; et, pour cela, soyez assidus et attentifs à écouter les instructions, catéchismes, lectures de piété. Soyez de bonne foi avec vous-mêmes, ayez une volonté ferme de sauver votre pauvre âme. Prenez l'habitude de vous examiner le matin, à midi et le soir, comment vous avez passé la journée. Le dimanche, rappelez à votre mémoire les plus gros péchés de la semaine: en suivant cette marche vous ne perdrez jamais vos péchés pour les déclarer; vous vous en rappellerez, et, en vous en rappelant, vous ne pourrez pas vous empêcher de les détester et de faire tous vos efforts pour vous en corriger.

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